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Pourquoi pas moi?

1 mètre 52, née à Brest, un IMC criant au scandale, on ne peut pas dire que je parte sur de bonnes bases pour jouer au rugby. A treize ans, lorsque j’annonce triomphante à ma mère que je lâche la gym pour ce sport de contact, je me prends une sacrée veste : «la gym ce n’est pas si mal tu ne trouves pas?». Heureusement mon rugbyman de père m’a tout appris. Le tee, les passes, le stade, le maul et la mêlée. Une femme qui parle et pense rugby, ça peut paraître étrange, et pourtant c’est ce que je m’apprête à faire.

D’après une célèbre étude sociologique, nous ne serions qu’à 6 contacts d’une personne connue. Essayons de contacter Fabien Galthié, un des internationaux les plus capés de l’histoire du rugby français. Hier acteur et aujourd’hui témoin, omniprésent sur la scène rugbystique et médiatique, quel regard porte-t’il sur son sport et sur sa reconversion?

Décryptons ensemble ce qui est considéré comme un sport d’hommes. Suivez-moi je vous emmène au cœur de la mêlée.

Coup d’envoi Qui suis-je? Plus tard

Les Free 7’s Confirment à Genève

C’est sous la pluie et loin, très loin de leur Sud Ouest que les Bleu et Noir ont accédé à leur première finale de Cup. Un résultat de très bonne augure à quelques jours du très attendu Howard Hinton tourangeaux.

Après une entrée remarquée dans l’univers du 7, les Free Sevens ont de nouveau fait parler d’eux ce weekend au Geneva Sevens. Si le format du tournoi était bien différent de celui de Nancy, puisque seules 6 équipes s’affrontaient, la satisfaction n’en est pas moins grande. L’équipe, plus aguerrie que celle qui avait participer au Stanislas a su se libérer et montrer du beau jeu. Accompagné de Gary Varlet, préparateur physique et Jean-Nicolas Crabol, les joueurs ont touché du bout des doigts ce qui aurait pu être leur premier trophée.

Arrivés le vendredi dans l’après midi à Genève le collectif a pu se rendre sur le lieu du tournoi et s’entrainer sous un soleil de plomb. Les automatismes mis en place, l’équipe s’est alors concentrée sur ses différentes combinaisons, dont l’une d’elles, sobrement appelée «la spéciale», aura au moins eu le mérite de détendre les troupes. Après un repas simple mais couteux (welcome to Switzerland), les joueurs ont regagné l’hôtel et engagé une partie de carte en attendant le dernier membre de l’équipe arrivé tard dans la soirée.

matchs de poule : Quasi sans faute

Samedi 9 heures. Le soleil de la veille a laissé place à un temps maussade et pluvieux. La journée s’annonce donc rude pour les Free 7’s qui s’apprêtent à enchainer pas moins de 6 matchs dans la journée. Sacré programme. 10h40, les Free 7’s entrent en compétition contre une autre équipe française : les Esprit Sud Sevens, également quart de finalistes au tournoi nancéien. Si les Montpelliérains ouvrent le score à la deuxième minute, les Bleu et noir ne tardent pas à revenir dans le match et à prendre l’avantage grâce à un essai signé Lilian Balangué, transformé par Morgan Le Bourrhis. Score final 7 à 5. A noter la belle performance de Baptiste Gatuingt, qui semble t’il en grande forme, réalise une action remarquable qui lui vaudra le doux surnom «d’autruche» pour le reste du tournoi.

L’équipe a à peine de temps de souffler qu’elle doit de nouveau chausser les crampons pour le deuxième match. Cette fois-ci l’adversaire n’est autre que la Suisse, le pays hôte.. Donné favoris, les bleu et noir n’ont pas fait mentir les pronostics et déroulent un match parfait. Pas moins de 5 essais pour un score final de 36 à 0. Les Suisses ont vu rouge face à cette équipe très en forme et ambitieuse.

La troisième rencontre de la journée est l’une des plus attendue mais également l’une des plus redoutée. Les joueurs affrontent en effet la remarquable équipe écossaise. Le physique des joueurs et leur performances lors des deux premiers match a de quoi inquiéter. Les Free 7’s conquérants en attaque et efficaces en défense réussissent à inscrire 4 essais. C’est Matthew Dubois qui ouvre la bal à la deuxième minute sur une magnifique interception. Mention spéciale au «serial plaqueur» Mohamed Abid pour son très bel essai inscrit en seconde période. En encaissant 5 points seulement les Bleu et noir supplantent leurs adversaires et font un pas de plus vers la finale de la Cup. Point noir de ce match, la blessure de Jeremy Eymard qui se luxe l’épaule gauche sur un lourd plaquage à la sixième minute de jeu.

La fatigue commence à se faire ressentir alors que les bleu et noir entament le quatrième match de poule qui les oppose àl’Université de Grenoble. La jeune équipe, impressionnante lors de ses trois premiers matchs, a également réalisé jusqu’alors un parcours sans faute. En première mi-temps les grenoblois laissent peu de ballons aux Free 7’s qui semblent subir le match. Le score est sans appel à la pause : 28 à 7 en faveur des universitaires. Morgan Le Bourrhis réussi cependant à remettre son équipe dans le sens de la marche en inscrivant un essai à quelques secondes du coup de sifflet. En seconde période, les bleu et noir reprennent des couleurs, occupent le terrain, et encaissent seulement un essai. Julien Ruiz réduit le score, mais impossible de rattraper cet écart. Malgré un beau sursaut de fierté, les Free 7’s enregistrent leur première défaite. 35 à 12.

C’est avec moins de sérénité que l’équipe entre en jeu pour son 5ème et dernier match de poule. Pourtant face à eux se présente une bien pâle France Militaire. Bien loin de l’équipe finaliste de la Cup au Stanislas Sevens. En effet les militaires n’ont fait que subir les matchs pendant la matinée et n’ont pas réussi à déployer leur jeu. Méfiants, les Free s’attendent donc à un réveil de cette équipe en mal de victoire. Mais il n’en est rien, l’équipe maitrise parfaitement sa copie et écrase la France militaire. Matthew Dubois ouvre à nouveau le score. La possession de balle est presque uniquement bleu et noir et le score parle de lui même : 33 à 7, les Free 7’S viennent de valider leur ticket pour la finale de la Cup. l’ambiance contrairement au temps, est au beau fixe.

Si près du but

Il est 17 heures, la France Militaire vient de se refaire la cerise en remportant la Bowl, et les Esprit Sud sevens savourent leur victoire en Plate. C’est au tour des Grenoblois et des Free Sevens de se disputer le dernier trophée et pas des moindre : la Cup. La victoire des universitaires, invaincus en match de poule est dans tous les esprits. Outsiders de ce match, les Free sont pourtant déterminés à ramener la Coupe à la maison. Ils réalisent une entame de match correcte mais la défense se fait percer à la troisième minute, puis une nouvelle fois à la cinquième. Les bleu et noir ne touchent pas les ballons et n’arrivent pas à mettre en place leur jeu. 14-0 à la pause, les joueurs se parlent et se remotivent. La deuxième mi-temps ressemble cependant à la première. Les Free défendent mais ont très peu de ballons d’attaque. Score final 21 à 0.

La déception est grande mais les joueurs sont cependant satisfaits de cette deuxième prestation. «L’équipe la plus forte a gagné. Je pense qu’il nous manque encore un peu d’expérience pour franchir cette dernière marche. On est déjà satisfait d’être arrivés en finale» commente Baptiste Gatuignt le Capitaine. « Nous avons quelques regrets car les joueurs sont des compétiteurs» ajoute t’il. L’équipe se concentre désormais sur son prochain objectif : le HH7 de Tours. «Le Howard Hinton est un tournoi très relevé, disputer la Cup une nouvelle fois serait une belle performance pour une première année». Le rendez-vous est pris.

Free Sevens : Première sortie concluante à Nancy

Elle était très attendue, la première sortie des bleus et noirs a eu lieu les 28 et 29 avril au Stade Matter de Nancy. Et contre toute attente, les Free Sevens ont répondu présents en terminant premiers de leur poule. Pourtant le pari était loin d’être gagné : blessures, sélections dans d’autres équipes ou encore joueurs retenus par leur clubs, difficile pour l’association de présenter son équipe type au Stanislas Sevens. Un véritable casse tête pour les organisateurs qui ont réussi malgré tout à aligner une équipe jeune, mais talentueuse.

Jour 1. Effet surprise.

Le groupe fraichement constitué s’est réuni le jeudi soir sur les infrastructures de C.M.O de Bassens pour une répétition générale. Au menu : mise en place et nouveaux repères. Départ pour la Lorraine dès le lendemain matin. 10 heures de trajet plus tard et de nombreuses fourmis dans les jambes, l’effectif arrive enfin à Nancy, un décrassage s’impose pour toutes ces jambes engourdies. Sur le chemin de Matter, l’équipe croise les grands favoris de tournoi : France U, Equipe nationale de Pologne ou encore Roumanie. Non loin de se décourager, les Free 7’s, pourtant outsiders de la compétition, sont alors remontés à block. Un bon restaurant s’impose pour souder les troupes. Sans doute l’un des meilleurs moments de ce weekend.

Début des hostilités le samedi matin. Le tournoi s’ouvre avec un match très attendu : les espoirs du Racing Métro (finalistes 2011) affrontent la Pologne. Première surprise du weekend, puisque c’est cette dernière qui remporte le match. Le ton est donné : la compétition est ouverte et chaque équipe peut prétendre au titre. Branle-bas de combat quelques minutes plus tard, les Free Sevens entrent dans l’arène pour leur tout premier match. Opposés à une vigoureuse équipe de Lorraine, les joueurs désireux de (trop ?) bien faire se montrent quelque peu hésitants. Mais les «anciens» du groupe ne tardent pas à montrer le chemin à l’image de Baptiste Gatuingt et Kevin Mulédi qui inscrivent chacun un essai avant la mi-temps. 12-0. L’équipe se libère en seconde période et le match se termine sur le score de 29 à 0.

Deuxième match pour les bleus et noirs, et pas des moindres puisque les Free 7’s affronte nt la très redoutée France Universitaire. Le mot du capitaine est simple, le but est de se qualifier. Qu’importe la manière. La première mi-temps est difficile, la France U, conquérante, réussit à inscrire deux essais et prend largement l’avantage. 12-0 à la mi-temps. Mais l’équipe ne lâche rien et Baptiste Lartigau remet tout le monde dans le sens de la marche en inscrivant un essai, habilement transformé par Morgan Le Bourhis. Une interception et 70 mètres plus loin, le capitaine en personne marque un nouvel essai. Transformation de Le Bourhis qui ne tremble pas et victoire à l’arrachée des Free 7’s. Mais la joie est de courte durée puisque ce match a laissé des traces. Arthur Michaud, gravement touché au genou, voit ainsi sa saison se terminer.

Il est 15h30, c’est le dernier match de la journée. Les Free affrontent la France Militaire dans un match sans grand enjeu puisque les deux équipes ont déjà validé leurs tickets pour les phases finales de la Cup. Pourtant la première place de la poule est dans le viseur de chacun. Réduite à 9, suite à la blessure d’Arthur, l’équipe se voit privée de Marvin blessé également. Le match s’achève sur une parfaite égalité, 7 partout. A la surprise générale l’équipe pourtant amoindrie par les blessures termine première de sa poule.

Jour 2. C’est difficile.

11 heures. Quart de finale. L’adversaire n’est autre que l’incroyable sélection polonaise. Première mi-temps compliquéepour les Free 7’s qui encaissent deux essais et n’arrivent pas à trouver la solution. Le discours du capitaine, très musclé à la pause, redonne de la vigueur à l’équipe. Les bleus et noirs montrent alors de belles choses et prennent l’avantage à une minute de la fin du match. Mais une décision arbitrale, semble t’il litigieuse lors du renvoi, pénalise l’équipe et permet aux polonais de se qualifier pour la demi. 15 à 12.

L’équipe frustrée, à deux doigts de l’exploit se voit reléguée en demi-finale de PLATE contre l’équipe de Roumanie,impressionnante physiquement. La fatigue et les blessures ne laissent aucune chance aux bleus et noirs. Le score final est sans appel : 31-0. Mais l’association laisse derrière elle une superbe impression. Les organisateurs comme le public de Matter ont été surpris par son niveau de jeu. Belle entrée en matière pour Free 7’s qui signe là une très belle performance. Prochain rendez-vous les 18 et 19 mai pour le Howard Hinton de Tours.

Participants : Baptiste Gatuingt ( Boulogne-Billancourt Capitaine), Morgan Le Bourhis (Boulogne-Billancourt), Gauthier Milhas (Biarritz Olympique), François Colcombet (Boulogne-Billancourt), Kevin Mulédi (Stade Français Paris), Pierre Gineste (S.A.Rochefort), Paul Le Bourhis (La Rochelle), Baptiste Lartigau (Stade-Montois), Arthur Michaud (Lyon O.U), Marvin Monney (C.A.Lormont) et enfin Arnaud Gineste en tant qu’accompagnateur.


Les Chab’s Sevens 92 entrent en jeu

2016 aura décidément donné un nouveau souffle au rugby à 7 en France. Après la naissance de plusieurs associations en 2011, c’est au tour des Chab’s Sevens 92 de faire leur entrée dans l’arène. Zoom sur une équipe toute neuve et ambitieuse.

L’idée est née l’année dernière sur le terrain du Stade de la Haye à Ballan Miré. Le Howard Hinton est alors le dernier tournoi annuel pour les jeunes du Racing Métro 92. Passionnés par le jeu à 7 et conquis par l’esprit «sevens», les joueurs se font alors la promesse de revenir l’année suivante. Oui mais voilà, pour pouvoir évoluer à nouveau ensemble, il leur faut monter une équipe, car tous ont quitté le Racing pour rejoindre d’autres clubs.

Quelques mois plus tard, James Zie et Jeffred Yemey décident de concrétiser cette idée. C’est la naissance des Chab’s Sevens 92. Le principe est simple : regrouper d’anciens joueurs du Racing et retrouver le plaisir d’évoluer à nouveau sous le même maillot. Si ce nom risque d’en faire sourire plus d’un, il a une réelle signification pour les joueurs : «au Racing on nous appelait les «Chaberts» donc ça a été plutôt simple à trouver. De plus c’est un nom hors du commun et assez fun à l’image de notre philosophie. Le 92 c’est un clin d’œil à nos frères ennemis du Racing métro 92, une des meilleures équipes à 7 sur le sol français actuellement» souligne Jeffred Yemey. Sa force, le groupe la tiendra de l’excellent niveau de ses joueurs dont certains évoluent à présent en Pro D2 et Fédérale 1.

«se mesurer aux autres équipes»

Si l’équipe n’a encore joué aucun tournoi, tous comptent bien faire leurs armes au Howard Hinton ce mois-ci. La priorité sera bien sûr de se mesurer aux autres équipes. Rappelons que de gros calibres ont répondu à l’appel comme La Rochelle, Le Stade Toulousain ou encore les Bleus Sevens. Mais qu’importe, les joueurs nourrissent l’espoir d’atteindre les phases finales et pourquoi pas, sait-on jamais, la première place. D’autant que les joueurs, présents depuis les trois années précédentes sous les couleurs «ciel et bleues» du Racing ont toujours échoué en finale. Remporter le tournoi serait pour tous une belle revanche.

«peut-être que d’ici peu le 7 détrônera le 15 !»

Quoi qu’il en soit, les Chab’s n’ont probablement pas fini de faire parler d’eux. «A long terme, le but est de devenir une des équipes françaises les plus compétitives et  de participer à un maximum de tournois à l’étranger comme en Australie ou en Nouvelle-Zélande» espère Jeffred Yemey. Ce passionné de Sevens regrette que cette discipline si festive ne soit pas assez présente sur le sol français. Mais il compte bien y remédier «Qui sait, peut-être que d’ici peu le 7 détrônera le 15 !» s’amuse t’il. En recherche active de sponsors et de partenaires, il souhaite permettre à son équipe de perdurer et de devenir, pourquoi pas, une des leader françaises.

Rendez-vous donc les 18 et 19 mai prochains à Ballan Miré pour la grande première des Chab’s Sevens 92. A suivre…

En attendant le reportage…

L’album photo du Racing Métro 92 au Stanislas Sevens 2012 est disponible ici

Le tournoi s’est déroulé les 28 et 29 avril à Nancy, Lorraine. L’édition 2012 a été remportée avec brio par l’équipe nationale de Pologne. Venus avec de grandes ambitions les polonais ont répondu présents en battant une France Militaire pourtant largement soutenue par le public de Matter en finale. Bravo à eux et à toutes les équipes qui ont fait le spectacle pendant ces deux jours.

Stanislas Sevens 2012

L’équipe nationale de Pologne remporte le tournoi masculin et l’équipe de Gennevilliers le tournoi féminin.

Cette année encore le niveau des équipes a bluffé le public du Stade Matter. Rendez-vous l’année prochaine pour une édition 2013 qui promet de bien belles surprises. Le reportage et les photos à venir dans quelques jours…

XV de France : ils ont touché l’Ovalie du bout des doigts.

Crédits photo : AFP

Déception, frustration, tristesse. Autant de mots qui pourraient résumer ce soir ce qu’il s’est passé dans les têtes des joueurs et des supporters des bleus (blancs du jour). En s’inclinant héroïquement 7 à 8, les joueurs de Marc Lièvremont ont frôlé la victoire.

9h30 ce matin dans un petit bar de Montparnasse. Alors que le serveur installe les tables et sert les premiers cafés, les voyageurs en transit arrivent peu à peu. Un petit quart d’heure plus tard les croissants fleurissent sur les tables et les supporters malheureux de ne pas pouvoir voir LE match en intégralité commencent à lancer leurs premiers encouragements quand Thierry Dussautoir suivi du reste de l’équipe pénètrent sur le terrain. Et tous se disent que c’est un gros match qui sera livré dans quelques instants sous leur yeux quand, ensemble, le XV de France dessine le «V» de victoire face au Haka Black. D’autre (comme moi) penseront qu’il s’agit également d’une flèche pointé sur celle que l’on surnomme depuis plusieurs semaine «la meilleure équipe du monde».

Et la victoire avec un grand V on se donne le droit d’en rêver dès les premières minutes du match. Les joueurs sont concentrés, appliqués et gênent les All Blacks d’entrée de jeu. On peut y croire également car le pied de l’ouvreur Néo-Zélandais est bien malheureux en cette première mi-temps. Mais sur une touche à quelques mètres de leur ligne d’en-but le rideau blanc cède. Essai. Dans le bistrot 15 on est comme assommé. Mais pas longtemps, car à nouveau le pied de Weepu flanche. La France resserre les rangs et reprend confiance, et on est impeccable en touche. Oui mais, si minutes après avoir encaissé l’essai de Woodstock c’est un nouveau coup dur : Morgan Parra victime d’un (coup de ?) genou dans la tête sors une première fois, rerentre, puis ressors définitivement. La France vient de perdre son pied en or. Avec le recul on se dit que c’est précisément à ce moment là que la Coupe s’envole.

5-0 au retour du vestiaire rien n’est joué, elle est bien loin la fessée monumentale que nous avait promit le New Zeland Herald. Ils sont loin également les français «vicieux» et «mauvais», ceux-ci sont conquérants, presque héroïques et surtout tiennent le match. Malgré une pénalité encaissé qui creuse le score 8-0 ce sont eux qui gênent les Blacks, parfois même les dominent. Oui mais encore, Monsieur l’arbitre de la rencontre semble avoir oublié l’impartialité et oublie de siffler quelques (de nombreuses) fautes Néo-Zélandaises. Sur le banc de touche, en tribune, sur le terrain on s’énerve. Et cette rage se transforme bientôt en essai. Sur une magnifique action les français soudés envoient Dusautoir en Ovalie. Au pied des poteaux Thierry, l’homme du match, fait trembler tout le Stade : 5-8. François Trinh Duc, lui, se charge de ramener la France à 1 point de l’Histoire. Les blancs essayent, s’acharnent, mais il n’y aura pas d’autres essais, et surtout pas d’autre pénalités. Car Monsieur Joubert semble avoir décidé que nous ne serions pas champions du monde. Les Blacks, devant leur public en transe finissent leur (pâle) prestation à l’essui glace. Coup de sifflet final. L’Eden Park n’aura pas été notre Paradis. Cris de joie, larmes de peine ici et ailleurs. Nous ne pouvons toujours pas mourir tranquilles. De cette finale on ne retiendra que cela, des larmes de déception oui, mais surtout une belle bande de héros qui aura gagné ce jour là l’admiration du monde entier. Chapeau.

Je m’inquiétais de ne plus ressentir quoi que ce soit depuis plusieurs matchs. Difficile à accepter. Mais ce matin j’ai ressenti. Même si le XV de France n’a pas soulevé la coupe, j’ai tremblé, j’ai espéré, j’y ai cru. Et rien que pour cela . Merci.

XV de France : en finale et dans la douleur

Crédits photo : Reuters

Le paradis est parfois difficile à atteindre. Les français ont vécu de longues minutes d’angoisse lors de cette demi-finale. C’est dans la douleur et avec seulement un tout petit point d’avance que le XV de France s’est qualifié pour la troisième finale de son histoire.

Cette première demi-finale de la Coupe du Monde 2011 semble avoir été écrite comme un scénario. Dès l’entrée sur le terrain des joueurs et dès les hymnes nationaux on peut lire dans les yeux des Gallois la rage de vaincre, l’envie de montrer qu’ils ne sont pas arrivés là par hasard. De leur côté les français sont concentrés, ils veulent cette finale.

Et ce sont les Gallois qui ouvrent le score sur une pénalité de Hook. Les français se mettent à le faute d’entrée de jeu et payent cher cette première erreur. Côté français on commence à perdre les ballons, on accumule les fautes et on subit. Les gallois jouent les métronomes et nous malmènent. Mais le match prend une toute autre tournure à la 18ème minute suite au placage cathédrale de Sam Warburton sur Vincent Clerc. L’issue du match tient alors de la couleur du carton. Et c’est finalement le rouge qui sort de la poche de monsieur l’arbitre. Coup de massue pour les Gallois qui vont jouer le reste de la rencontre à 14 contre 15. On se dit alors que les bleus viennent de mettre une sérieuse option sur la victoire.

Morgan Parra inscrit deux pénalités pendant la première mi-temps et permet aux bleus de se remettre dans la course. Malgré cela, les Diables Rouges qui n’ont jamais aussi bien porté ce nom s’accrochent, s’arrachent et continuent de nous faire mal malgré un jeu au pied malchanceux. 6 à 3 à la pause. Tout reste à faire.

En début de seconde période l’inattention et la fatigue française est punie par un magnifique essai gallois. Et malgré l’excellent jeu au pied de Morgan Parra qui augmente le score de 3 points, c’est la stupeur dans le stade. Malgré un effectif amputé les rouges sont plus que jamais présents dans le match. La transformation passe à côté et permet aux français de rester en tête. A partir de là les français joueront «avec la peur au ventre» dira Morgan Parra les larmes aux yeux. Un point d’avance. Un seul.

La peur au ventre justement, les français laissent le champ libre au Pays de Galles qui obtient une pénalité face aux poteaux à 5 minutes de la fin. Là encore le ballon ne passera pas. Les dernières secondes ont du paraitre une éternité dans le camp français qui n’arrive pas à garder la main sur la balle. Les Gallois commettent finalement un en-avant fatal, point final de ce match sans intentions de jeu et pas franchement beau à regarder, mais qu’importe : la France est en finale de la coupe du monde. On ne retiendra que ça. Cela et également le fair-play des Gallois.  Quel respect entre nations du nord. Bravo messieurs. Suite et fin de l’histoire Dimanche prochain.

XV de France : l’invité surprise.

Crédits photo : Stefan Wermuth/Reuters

Le crunch. Le quart de finale de tous les dangers pour le XV de France. Rappelons tout de même qu’en 2003 et 2007 c’est bien la marée blanche qui nous a sorti du mondial, nous privant ainsi d’un titre que nous n’avons jamais réussi à décrocher. Pourtant aujourd’hui, contre toute attente et malgré toutes les critiques essuyées depuis le début du championnat c’est bel et bien le coq qui a piétiné la rose.

L’invité suprise de ces demi-finales sera donc le XV de France. Car les bleus ont su prendre les commandes de ces quarts dès le début de la première période. Ils chippent des ballons, agacent les anglais jouent rapidement, et résistent aux contacts sévères. C’est à peine si on reconnait les hommes de Marc Liévremont. La première pénalité entre les perches de Yachvili vient confirmer cette tendance. Suite à un beau mouvement collectif des avants, le premier essai (magique) de Vincent Clerc ne se fait pas attendre. Les supporters qui ont fait le déplacement exultent. 11-0.  Le deuxième essai sera signé Max Médard, l’autre Ferrari toulousaine, sur une passe cadeau d’AlexisPalisson. 16-0, on se dit que la demi-finale n’est plus si loin, à une mi-temps seulement. 40 minutes en fait. Oui mais, les anglais remettent le feu avant le retour aux vestiaires. Ambiance.

La match est dur, et la bataille se livre sur chaque action. La deuxième mi-temps est d’ailleurs loin d’être à sens unique. Les anglais reprennent du poil de la bête et sont bien décidés à tirer leur épingle du jeu. Les français sont préssés, commencent alors à se mettre à la faute et défendent plus qu’ils n’attaquent. La sanction ne tarde pas : essai anglais, 16 à 7, le match reste ouvert. Dans le camp français la pression monte d’un cran. Commence alors une longue session de coaching et c’est pratiquement un deuxième match qui commence. Le drop de François Trinh Duc donne de l’air aux français qui commencent à subir et surtout à souffrir. Deuxième essai du XV de la Rose à 4 minutes de la fin du match accordé après arbitrage vidéo. La Rose n’est plus qu’à 7 petits points des français et des prolongations.
Mais les minutes avancent et les bleus voient la libération approcher. L’angleterre concède une pénalité et le ballon de Morgan Parra termine sur le poteau mais qu’importe. Le camp français s’est levé : ils viennent de s’offrir la demie.

Alors, est-ce grace à la (re)mobilisation des joueurs, à l’envie, à un regain de fierté, ou grace à la moustache de Marc Lièvremont? Qu’importe le résultat est là. Rendez-vous la semaine prochaine pour défier des diables rouges tombeurs de l’Irlande.

XV de France : qualification dans la douleur.

Crédits photo : AFP Photo/Marty Melville

Coup de tonnerre sur Wellington. On attendait des Tongiens incisifs et ambitieux, mais ce scénario là personne ne l’avait prédit. Les français ont vu rouge et s’inclinent 14-19. Le quart de finale risque de faire très mal aux joueurs de Marc Liévremont.

Yachvili avait pourtant pris les devant en début de match en ouvrant le score sur pénalité. Les Tongiens ne sont pas vraiment structurés et multiplient les approximations. Mais à l’image du visage ensanglanté de JB Poux : les deux équipes se livrent une folle bataille. L’égalisation ne tarde d’ailleurs pas à arriver. 3 partout. L’équipe de France qui nous avait promit un rugby décomplexé semble bien timide, fragile même.

L’enthousiasme des Tonga donne le ton. Les bleus commencent à subir et échappent de peu à une seconde pénalité. Avantage aux français après 22 minutes de jeu. Mais on ne trouve pas la solution et l’essai est loin d’être acquis.

Le doute s’installe

La foudre s’abat sur le Stade à la 24ème minute et laisse sans voix : les rouges s’envoient en Ovalie. La France peut-elle rentrer à la maison sans passer par la case phases finales? Le doute s’installe.

L’équipe du Tonga fait mal, avance sur chaque percussion et met les français à la faute. Ils comptent alors 7 points d’avance. Et la sortie du 3/4 Hufanga sur carton jaune (discutable) ne permettra pas au XV de France de mettre la main sur le match.

A la sortie du vestiaire on espère entrevoir des français survoltés et tout du moins réveillés. Mais la sérénité n’a pas fait son entrée sur le terrain et le match reste à sens unique. La défense se fait cisailler, trancher, découper. Les bleus se noient.

Les tentatives manquées et les essais ratés des Tongiens permettent aux français de penser à la qualification. Car les rouges sang du jour semblent jouer pour la gagne plus que pour les quarts. Ils prennent les points au pied, oubliant qu’ils ne sont plus qu’à deux essais de renvoyer nos bleus à la maison.

L’essai ne Vincent Clerc rassure à peine, voir pas du tout. En encaissant un seul essai les français obtiennent un sursis. Mais où va cette équipe ? Les quarts de finale vont faire (très) mal. Car en face ce qui nous attend n’est ni fébrile ni en pleine tourmente.

Angleterre-Argentine : les anglais ont vu noir

Crédits photo : AFP - Martin Bureau

Ce qui est sur c’est que le sélectionneur Martin Johnson s’attendait à mieux de la part de son équipe. Les anglais ont pataugé dans une mer ciel et bleu pendant plus de 60 minutes avant de trouver (enfin) la solution et de s’imposer 13 à 9.

D’entrée de jeu les Pumas se sont montrés plus efficaces que les anglais et ont ouvert le score sur pénalité après un premier temps fort. Mais hélas des pénalités il y en aura peu. D’un côté comme de l’autre les buteurs sont en panne et ne trouvent que l’extérieur des poteaux. Etonnant de la part de Johnny Wilkinson, pourtant maitre en la matière, qui ne réussira que 3 coups de pied sur 8 lors de cette rencontre.

Le duel se fait donc à l’impact. Et on assiste à un match 100% défense. Les attaques se font rares, n’aboutissent pas et les deux équipes ne trouvent pas la solution. Incroyable mais vrai les anglais auront attendu 21 minutes avant de pénétrer pour la première fois en terres argentines, autrement dit dans des 22 Pumas plutôt bien gardés. Les gestes forts de la rencontre resteront «le baiser du détraqueur» très gentiment offert à Ledesma, ou encore le carton jaune de Dan Cole, consigné 10 minutes au frigo en fin de première mi-temps. Plutôt glacial…

En seconde période les anglais semblent plus que jamais en difficulté, accumulent les fautes et les approximations. Mais on ne peut pas dire que cela leur coûte cher puisque le coup de pied argentin reste malchanceux. Presque une malédiction. Une malédiction qui s’abat sur le reste de l’équipe : deux blessés argentins dont l’incontournable Contepomi touché aux côtes.

La solution vient enfin à la fin du match, et pas du côté où on l’attendait. L’Angleterre se réveille enfin et plie le match avec un essai de Ben Youngs. 10 à 9 les panthères noires d’un jour prennent l’avantage pour la première fois dans ce match. Wilkinson enfin inspiré enfonce le clou 13 à 9. Assommé par l’essai les argentins tenteront de revenir dans les dernières minutes. En vain. Les anglais ont gagné «à l’anglaise». L’addition est salé pour le butteur Puma.