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Déception, frustration, tristesse. Autant de mots qui pourraient résumer ce soir ce qu’il s’est passé dans les têtes des joueurs et des supporters des bleus (blancs du jour). En s’inclinant héroïquement 7 à 8, les joueurs de Marc Lièvremont ont frôlé la victoire.
9h30 ce matin dans un petit bar de Montparnasse. Alors que le serveur installe les tables et sert les premiers cafés, les voyageurs en transit arrivent peu à peu. Un petit quart d’heure plus tard les croissants fleurissent sur les tables et les supporters malheureux de ne pas pouvoir voir LE match en intégralité commencent à lancer leurs premiers encouragements quand Thierry Dussautoir suivi du reste de l’équipe pénètrent sur le terrain. Et tous se disent que c’est un gros match qui sera livré dans quelques instants sous leur yeux quand, ensemble, le XV de France dessine le «V» de victoire face au Haka Black. D’autre (comme moi) penseront qu’il s’agit également d’une flèche pointé sur celle que l’on surnomme depuis plusieurs semaine «la meilleure équipe du monde».
Et la victoire avec un grand V on se donne le droit d’en rêver dès les premières minutes du match. Les joueurs sont concentrés, appliqués et gênent les All Blacks d’entrée de jeu. On peut y croire également car le pied de l’ouvreur Néo-Zélandais est bien malheureux en cette première mi-temps. Mais sur une touche à quelques mètres de leur ligne d’en-but le rideau blanc cède. Essai. Dans le bistrot 15 on est comme assommé. Mais pas longtemps, car à nouveau le pied de Weepu flanche. La France resserre les rangs et reprend confiance, et on est impeccable en touche. Oui mais, si minutes après avoir encaissé l’essai de Woodstock c’est un nouveau coup dur : Morgan Parra victime d’un (coup de ?) genou dans la tête sors une première fois, rerentre, puis ressors définitivement. La France vient de perdre son pied en or. Avec le recul on se dit que c’est précisément à ce moment là que la Coupe s’envole.
5-0 au retour du vestiaire rien n’est joué, elle est bien loin la fessée monumentale que nous avait promit le New Zeland Herald. Ils sont loin également les français «vicieux» et «mauvais», ceux-ci sont conquérants, presque héroïques et surtout tiennent le match. Malgré une pénalité encaissé qui creuse le score 8-0 ce sont eux qui gênent les Blacks, parfois même les dominent. Oui mais encore, Monsieur l’arbitre de la rencontre semble avoir oublié l’impartialité et oublie de siffler quelques (de nombreuses) fautes Néo-Zélandaises. Sur le banc de touche, en tribune, sur le terrain on s’énerve. Et cette rage se transforme bientôt en essai. Sur une magnifique action les français soudés envoient Dusautoir en Ovalie. Au pied des poteaux Thierry, l’homme du match, fait trembler tout le Stade : 5-8. François Trinh Duc, lui, se charge de ramener la France à 1 point de l’Histoire. Les blancs essayent, s’acharnent, mais il n’y aura pas d’autres essais, et surtout pas d’autre pénalités. Car Monsieur Joubert semble avoir décidé que nous ne serions pas champions du monde. Les Blacks, devant leur public en transe finissent leur (pâle) prestation à l’essui glace. Coup de sifflet final. L’Eden Park n’aura pas été notre Paradis. Cris de joie, larmes de peine ici et ailleurs. Nous ne pouvons toujours pas mourir tranquilles. De cette finale on ne retiendra que cela, des larmes de déception oui, mais surtout une belle bande de héros qui aura gagné ce jour là l’admiration du monde entier. Chapeau.
Je m’inquiétais de ne plus ressentir quoi que ce soit depuis plusieurs matchs. Difficile à accepter. Mais ce matin j’ai ressenti. Même si le XV de France n’a pas soulevé la coupe, j’ai tremblé, j’ai espéré, j’y ai cru. Et rien que pour cela . Merci.