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Il y a une première fois à tout

Vendredi 9 avril, une date qui restera gravée longtemps dans les mémoires, enfin tout du moins dans la mienne. Non je ne viens pas d’avoir mon bac ou mon brevet des collèges (Dieu merci ça, c’est déjà fait. Quoique je ne suis jamais allée chercher mon diplôme du brevet. Il va falloir compter sur ma bonne foi), ni même mon permis (là on en est loin, très loin. Mieux vaut passer mon permis tricycle selon mon copain. Tout est dit).

Mais alors, qu’a-t-elle de si spéciale cette date? Et bien aujourd’hui, figurez-vous que je viens de réaliser ma première interview de rugbyman. Certains journalistes se demandent à quoi ressemblera la première star qu’ils intervieweront ou encore quelle sera la première personnalité politique à laquelle ils auront la chance de poser leurs questions soigneusement préparées, revues et corrigées. Et bien moi, je me suis toujours demandé à quoi ressemblerait le premier rugbyman que j’interviewerai. J’ai souvent pensé à un grand, brun, musclé. Là on est clairement dans le cliché. Mais je n’y peux rien. Après tout je suis une fille. Et je me suis souvent dit, pourquoi pas Michalak ou Clerc, Poitrenaud ou Heymans. Peu importe, un Toulousain de toute manière. A 14 ans déjà, je mimais cette rencontre tant attendue à ma grand-mère. «T’imagines Mamie, vu la différence de taille, je pense que la première chose que je pourrai lui demander sera : Hey dis-donc, c’est comment la météo là-haut ? Ici, en bas, on a 20 degrés».

Alors évidemment ce Vendredi 9 avril est important. Tout se bouscule, je n’avais pas prévu de faire ça aussi tôt. J’ai RDV avec lui à 16h30 place Royale à Nantes. A 16 heures me voilà donc sur le pied de guerre, postée devant la grande fontaine à l’attendre. Deux amis sont avec moi. Nous ne savons rien de lui, juste qu’il s’appelle Eric et qu’il fait du rugby. C’est maigre, mais ça laisse libre court à notre imagination. Pendant une demi-heure nous jouons à Looking for Eric. On regarde les gens passer et on s’imagine que ce pourrait être tantôt ce jeune homme rasé aux énormes lunettes de soleil Ray-Ban (hum, non, trop chauve), tantôt ce bébé chevelu dans sa poussette (trop jeune), tantôt ce petit balaise à la chemise Clark Kent (trop petit). Et on lance des «Eric? Eric? Eric?» à tout va.

Lorsque je reçois le texto «tu es où?», mon sang ne fait qu’un tour. Mince alors, cette fois-ci
on y est. J’attends ce moment autant que certaines femmes attendent le jour de leur accouchement ou de leur mariage. Evidemment, et c’est prévisible il ne ressemble en rien à ce que j’avais imaginé. Il n’est pas brun et il n’est pas Toulousain. Il est plutôt moyen aux cheveux blonds et aux yeux foncés. Niveau carrure, il n’est pas taillé «Stade Toulousain»,  mais il n’y a pas à dire, il est sportif et ça se voit. Je remarque avec un sourire qu’il porte un polo de rugby. Il a l’air sympa, c’est le principal. J’abandonne Charles et Laura et on se dirige tous les deux vers le bar «Royal». Dehors, en terrasse, je tombe nez à nez avec le directeur adjoint de Sciencescom. Tiens tiens le monde est petit. Il sait que je suis là pour une interview. Je n’ai pas intérêt à… comment dit-on? Ah oui. A me foirer. On s’assoit l’un en face de l’autre. En bon rugbyman qui se respecte, il commande une bière. En bonne journaliste qui-ne-tient-pas-l’alcool que je suis, je commande un jus d’orange. Et c’est parti pour une heure de questions-réponses. A vrai dire au bout d’une heure, je ne sais plus vraiment si nous sommes dans un rapport interviewer-interviewé. On discute de rugby c’est tout. Il évoque ses plus beaux souvenirs, je lui parle de mes joueurs préférés. Il n’y a personne ou presque dans le bar. C’est tranquille. Nous faisons à peine attention à l’heure. A 17h45, nos obligations nous rattrapent et nous partons chacun de notre côté. Ce n’était pas comme je l’avais imaginé, mais c’était bien et je m’en souviendrais sûrement longtemps. Le journalisme est décidément imprévisible.

L’interview D’Eric

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  1. Elektrische Zahnbuerste on Dimanche, décembre 4, 2011 at 11:00

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