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Coup d’envoi : Galthié, le Rugby et Moi

Le Rugby, Galthié et Moi.

Après avoir longtemps hésité à faire un portrait de Galthié, je me suis ravisée. Des dizaines de papiers ont déjà été écrits, et lorsque je le «googlise», je tombe sur des tonnes de biographies (oui, je me suis même surprise à lire le thème astral de Fabien Galthié sur le net!). Je vais donc tenter de faire quelque chose de plus personnel.

Comment ai-je découvert Galthié, et comment ai-je découvert le rugby? J’ai commencé à devenir une inconditionnelle de ce sport à l’âge de 10 ans. En 1999, je suis la coupe de monde de près avec mon père. Patiemment il m’apprend les règles, le nom des joueurs, et va même jusqu’à ressortir son vieux ballon pour me montrer comment faire des passes. Lors de la finale, je fête mon anniversaire, entourée de toute une tripotée de gamins. Entre deux parts de gâteaux, nous improvisons un match dehors. Je remarque déçue que nous sommes seulement deux filles pour une dizaine de garçons. «Je veux être Fabien Galthié, le 9 !» dis-je surexcitée. La France perd mais l’après midi est mémorable. Quelques mois plus tard, je me retrouve dans un bus direction le Stade de France pour le tout premier match du tournoi des 6 nations. Le visage peinturluré de drapeaux français, debout sur mon siège, là,  juste devant un bandas, je découvre émerveillée le rugby «en vrai».

En 2002 le XV de France remporte son premier grand Chelem du tournoi des six nations. Je répète à qui veut l’entendre que «Fabien Galthié, le Capitaine, est le meilleur». Avec le recul, je pense que ce qui me plaisait, c’était sa lecture du jeu, et son explosivité.

En 2003, nouvelle coupe du monde. Je m’amuse à découper tous les articles de l’Equipe pour les mettre dans un gros classeur. Je suis persuadée que cette fois nous allons gagner, et je veux absolument pouvoir montrer ces trésors à mes enfants (bien sûr qu’ils aimeront le rugby, c’est une évidence). Pendant les cours de mathématiques (on comprendra aisément d’où viennent mes lacunes), je schématise le terrain, et j’essaye de deviner quels joueurs seront sélectionnés pour le match suivant : «Fred (Michalak) a fait un excellent quart contre l’Irlande, il sera forcément dans le XV de départ». Je me découvre une préférence pour les postes de demi-d’ouverture et demi-de-mêlée : «quand je ferai du rugby, je jouerai 9 ou 10» (acquiescement blasé de ma mère, qui entend sûrement parler rugby pour la douzième fois de la journée). J’admire toujours autant (si ce n’est plus) Galthié, capitaine de l’équipe pour la compétition.

Lors de la demi-finale perdue contre les anglais, j’envoi un coup de pied rageur dans la table basse et me mets à pleurer.  Mon père, déçu mais philosophe déclare : «Thierry Roland a dit en 98, ‘maintenant qu’on a vu ça on peut mourir tranquille’. Pas question, Nous on mourra tranquilles quand on aura gagné notre coupe du monde». Quelques jours plus tard je me passe en boucle le reportage «Derrière La Porte», et fais des arrêts sur image, tantôt sur les plus beaux essais, tantôt sur un Fabien Galthié déguisé en poulet.

Apprendre qu’il mettait fin à sa carrière de joueur fut une réelle déception. Mais quel plaisir de le retrouver en tant qu’entraîneur, puis en tant que commentateur pour les grandes rencontres. J’aime la manière qu’il a de parler de son sport, la justesse avec laquelle il commente les matches. Je crois que même s’il essayait de camoufler ses émotions (quand la France remporte un grand Chelem par exemple), il n’y parviendrait pas. Le voir savourer une victoire les larmes aux yeux, l’entendre féliciter les joueurs avec toute la simplicité dont il sait faire preuve, donne une toute autre dimension aux matches télédiffusés. Et lorsque Mathieu Bastareaud l’appelle «Monsieur Fabien», tout est dit. Une grande figure du rugby français.